Au plan international, les dirigeants communistes hongrois montent un procès en janvier contre les héros de la révolte de Budapest, notamment contre le Président Nagy accusé de trahison !
Nasser nationalise toutes les banques égyptiennes
En avril, réouverture totale du Canal de Suez, sauf pour les navires d’Israël.
Le 15 mai, les Anglais font exploser leur première bombe «H».
Le 16 juin, premiers affrontements raciaux au Congo Belge, notamment à Léopoldville.
Le 15 juillet, Nikita Khrouchtchev annonce que son pays va rattraper le niveau de vie des Américains dans quelques années... Mais surtout, il donne des détails sur une fusée intercontinentale russe de 5.000 kms de portée, 1.000 kms d’altitude, vitesse de 22.000 kms/h, précision de 10 à 20 km, et dotée d’une ogive nucléaire !
Le Pamir, voilier de quatre mats, de 94 mètres de longueur, servant de navire école à la marine allemande, sombre dans un ouragan : 80 disparus.
Le 4 octobre, stupeur dans le monde : «Spoutnik», le premier satellite créé par l’homme, est soviétique ! Il tourne autour de la terre en 95 minutes, à la vitesse de 24.500 kms/h., pèse 83 kgs et mesure 58 cms. ! Deplus, il émet un «bip-bip» radio parfaitement audible !
L’Amérique s’inquiète : En matière de satellite, elle n’est plus «first in the world» !
La Syrie, après s’être rapprochée de l’U.R.S.S., s’allie à l’Egypte.
Mi-novembre, les Anglo-américains livrent des armes à la Tunisie qui manifeste son désir d’indépendance. Dans quelle optique ?
Les Soviétiques envoient dans l’espace un second satellite qui pèse cette fois une demi tonne ! Il porte à son bord une petite chienne Laïka, ainsi que de nombreux instruments scientifiques.
Cet exploit russe considérable – une demi tonne ! -provoque une véritable fièvre panique en Amérique, d’autant qu’à la même époque, la vie du Président Eisenhower semble menacée...
Conséquence immédiate : la Bourse baisse brutalement.
Au Caire, ouverture d’une conférence afro-asiatique avec la participation de l’U.R.S.S.
Le 5 décembre, lancement du premier brise-glace à propulsion atomique, qui, une fois encore, est soviétique : Le «Lénine» : 16.000 tonnes, et 32 kms/h.. Nouveau succès technique incontestable de Moscou.
La France regarde avec inquiétude vers la Méditerranée où la rébellion menace notre Empire d’Afrique du Nord, alors que les promesses de son nouveau gisement de pétrole au Sahara se concrétisent...
Dans l’intervalle, le 21 janvier, l’Assemblée a voté le principe du Marché Commun par 302 voix contre 207, décision historique. L’accord définitif sera signé à Rome le 25 mars.
Puis, le traité de la Communauté Européenne, qui consacre une union douanière et une politique agricole communes entre les cinq pays adhérents : la France, le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas et la République Fédérale Allemande. Mais bien des problèmes restent en suspens...
Pour pallier à l’instabilité chronique monétaire du franc, le 11 août, instauration d’un double cours des changes, ce qui, en réalité, revient à une dévaluation du franc de 20 %.
En septembre, notre avion Dassault «Mystère III» vole à 2 000 km/h !
Le monde du spectacle perd des hommes célèbres: les acteurs Humphrey Bogart, Eric von Stroheim, Sacha Guitry (dont les derniers mots seront pour son épouse : «Ne regardez pas, chérie, ce n’est pas un spectacle...»), Christian Dior (l’inventeur en 1947 de la mode «new look», Malaparte, Toscanini.
En sport, Halimi devient champion du monde de boxe. Roger Rivière, recordman de l’heure à vélo : 46,923 kms. Anquetil remporte à nouveau le Tour de France.
L’écran n’oubliera pas «Le pont de la rivière Kwai» avec Alec Guinness et son inoubliable chanson «Hello, le soleil brille, brille, brille!». Pas plus que «Ascenseur pour l’échafaud» de Louis Malle, «Les Aventures d’Arsène Lupin» et «En cas de malheur» avec Jean Gabin et Brigitte Bardot.
Le cabaret de chansonniers «Les trois Baudets» - que nous fréquentons souvent avec plaisir - révèle un nouveau talent : Guy Béart, dont les chansons courent sur toutes les lèvres : «L’eau vive» - «Le bal chez Temporel» - «Chandernagor».
L’incomparable Luis Mariano assure au théâtre du Châtelet des triomphes sans précédents avec les opérettes: «Andalousie» et «Mexico», sur des musiques de Francis Lopez.